TRIBUNE : ๐‹๐š ๐Œ๐š๐ข๐ฌ๐จ๐ง ๐๐ž๐ฌ ๐๐š๐ญ๐ข๐จ๐ง๐ฌ ๐”๐ง๐ข๐ž๐ฌ ๐šฬ€ ๐ƒ๐š๐ค๐š๐ซ : ๐ฎ๐ง๐ž ๐จ๐ฉ๐ฉ๐จ๐ซ๐ญ๐ฎ๐ง๐ข๐ญ๐žฬ ๐ช๐ฎโ€™๐ข๐ฅ ๐ง๐ž ๐Ÿ๐š๐ฎ๐ญ ๐ฉ๐š๐ฌ ๐ฆ๐š๐ง๐ช๐ฎ๐ž๐ซ (Par Ambassadeur Babacar Sanรฉ Ba)

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๐‹๐š ๐Œ๐š๐ข๐ฌ๐จ๐ง ๐๐ž๐ฌ ๐๐š๐ญ๐ข๐จ๐ง๐ฌ ๐”๐ง๐ข๐ž๐ฌ ๐šฬ€ ๐ƒ๐š๐ค๐š๐ซ : ๐ฎ๐ง๐ž ๐จ๐ฉ๐ฉ๐จ๐ซ๐ญ๐ฎ๐ง๐ข๐ญ๐žฬ ๐ช๐ฎโ€™๐ข๐ฅ ๐ง๐ž ๐Ÿ๐š๐ฎ๐ญ ๐ฉ๐š๐ฌ ๐ฆ๐š๐ง๐ช๐ฎ๐ž๐ซ

Au cล“ur de Diamniadio, nouvelle vitrine du Sรฉnรฉgal รฉmergent, se dresse un bรขtiment impressionnant de modernitรฉ et dโ€™ambition : ๐ฅ๐š ๐Œ๐š๐ข๐ฌ๐จ๐ง ๐๐ž๐ฌ ๐๐š๐ญ๐ข๐จ๐ง๐ฌ ๐”๐ง๐ข๐ž๐ฌ. Conรงu pour rassembler en un seul lieu lโ€™ensemble des agences onusiennes prรฉsentes dans notre pays, ce complexe de plus de treize hectares devait รชtre un symbole รฉclatant du rรดle de Dakar comme hub diplomatique ouest-africain. Pourtant, prรจs de deux ans aprรจs sa rรฉception, le site demeure dรฉsespรฉrรฉment vide, prisonnier dโ€™un blocage administratif et politique qui prive le Sรฉnรฉgal dโ€™une opportunitรฉ historique.

Ce statu quo est dโ€™autant plus regrettable que le projet incarne, ร  lui seul, la convergence de trois dynamiques stratรฉgiques : ๐ฅ๐š ๐ฆ๐จ๐๐ž๐ซ๐ง๐ข๐ฌ๐š๐ญ๐ข๐จ๐ง ๐๐ž ๐ฅโ€™๐„ฬ๐ญ๐š๐ญ, ๐ฅโ€™๐š๐ง๐œ๐ซ๐š๐ ๐ž ๐๐ฎ ๐’๐žฬ๐ง๐žฬ๐ ๐š๐ฅ ๐œ๐จ๐ฆ๐ฆ๐ž ๐ฉ๐ฅ๐š๐ญ๐ž๐Ÿ๐จ๐ซ๐ฆ๐ž ๐ข๐ง๐ญ๐ž๐ซ๐ง๐š๐ญ๐ข๐จ๐ง๐š๐ฅ๐ž, ๐ž๐ญ ๐ฅ๐š ๐ฏ๐จ๐ฅ๐จ๐ง๐ญ๐žฬ ๐๐ž ๐ซ๐š๐ฉ๐ฉ๐ซ๐จ๐œ๐ก๐ž๐ซ ๐ฅ๐ž๐ฌ ๐๐š๐ญ๐ข๐จ๐ง๐ฌ ๐”๐ง๐ข๐ž๐ฌ ๐๐ž๐ฌ ๐ซ๐žฬ๐š๐ฅ๐ข๐ญ๐žฬ๐ฌ ๐๐ฎ ๐ญ๐ž๐ซ๐ซ๐š๐ข๐ง ๐š๐Ÿ๐ซ๐ข๐œ๐š๐ข๐ง. Or, faute dโ€™accord dรฉfinitif entre le gouvernement et lโ€™ONU, la Maison des Nations Unies reste aujourdโ€™hui une promesse non tenue, un joyau inoccupรฉ dont la valeur symbolique et รฉconomique sโ€™รฉrode au fil du temps.

๐”๐ง๐ž ๐ข๐ง๐Ÿ๐ซ๐š๐ฌ๐ญ๐ซ๐ฎ๐œ๐ญ๐ฎ๐ซ๐ž ๐๐ž ๐ซ๐š๐ง๐  ๐ฆ๐จ๐ง๐๐ข๐š๐ฅ ๐š๐ฎ ๐ฌ๐ž๐ซ๐ฏ๐ข๐œ๐ž ๐๐ž ๐ฅโ€™๐€๐Ÿ๐ซ๐ข๐ช๐ฎ๐ž

La Maison des Nations Unies de Dakar nโ€™est pas un simple immeuble administratif. Avec prรจs de 1 800 bureaux et une capacitรฉ dโ€™accueil de plus de 2 000 agents, elle a รฉtรฉ conรงue comme un vรฉritable campus, intรฉgrant des salles de confรฉrence de haut niveau, des espaces collaboratifs et des dispositifs sรฉcuritaires aux standards internationaux. En Afrique, seules quelques capitales disposent dโ€™un tel outil : Nairobi, Addis-Abeba, Genรจve et Vienne รฉtant les grandes rรฉfรฉrences.

Positionner Dakar dans ce cercle restreint, cโ€™est offrir au Sรฉnรฉgal une visibilitรฉ unique sur les grandes questions internationales. Cโ€™est aussi attirer vers notre pays les regards des bailleurs, des investisseurs et des mรฉdias qui suivent de prรจs les dynamiques onusiennes. ร€ lโ€™heure oรน le Sรฉnรฉgal cherche ร  consolider son leadership rรฉgional, cet atout est loin dโ€™รชtre nรฉgligeable.

๐”๐ง ๐›๐ฅ๐จ๐œ๐š๐ ๐ž ๐š๐ฎ๐ฑ ๐œ๐จ๐ฎฬ‚๐ญ๐ฌ ๐ฆ๐ฎ๐ฅ๐ญ๐ข๐ฉ๐ฅ๐ž๐ฌ

Pourquoi un tel bรขtiment demeure-t-il vide ? La rรฉponse tient dans une combinaison de divergences financiรจres, juridiques et opรฉrationnelles. Lโ€™ร‰tat, qui a investi massivement dans ce projet sous un schรฉma de partenariat public-privรฉ, souhaite sรฉcuriser des loyers couvrant ses engagements. Lโ€™ONU, de son cรดtรฉ, privilรฉgie un modรจle de charges de services plus souple et conforme ร  ses pratiques ailleurs. ร€ cela sโ€™ajoutent des discussions sur les modalitรฉs de co-occupation (partage avec des ONG internationales ou intรฉgration de services รฉtatiques) et sur lโ€™adaptation du cadre juridique aux privilรจges et immunitรฉs du systรจme onusien.

Ces dรฉsaccords, en apparence techniques, ont en rรฉalitรฉ des consรฉquences profondes. Chaque mois de retard coรปte au Sรฉnรฉgal des dizaines de millions de dollars en retombรฉes รฉconomiques non perรงues. Chaque mois de blocage fragilise aussi la crรฉdibilitรฉ de notre diplomatie, alors mรชme que dโ€™autres capitales africaines โ€” Abidjan, Addis-Abeba ou encore Nairobi โ€” avancent leurs pions pour capter lโ€™attention et les ressources des Nations Unies.

๐”๐ง ๐ฅ๐ž๐ฏ๐ข๐ž๐ซ ๐žฬ๐œ๐จ๐ง๐จ๐ฆ๐ข๐ช๐ฎ๐ž ๐ฆ๐š๐ฃ๐ž๐ฎ๐ซ

Au-delร  des symboles, lโ€™implantation effective des Nations Unies ร  Diamniadio reprรฉsenterait un levier รฉconomique immรฉdiat. Plus de 2 000 agents installรฉs, dont plusieurs centaines dโ€™expatriรฉs, signifieraient des dรฉpenses annuelles de logement, de transport, de consommation et dโ€™รฉducation pour leurs familles. Ces flux financiers irrigueront directement les secteurs de lโ€™hรดtellerie, de la restauration, du commerce et des services professionnels.

ร€ cela sโ€™ajoutent les achats locaux des agences onusiennes : sรฉcuritรฉ, nettoyage, traduction, services numรฉriques, organisation de confรฉrences. Des centaines de PME sรฉnรฉgalaises pourraient bรฉnรฉficier de marchรฉs rรฉguliers, sรฉcurisรฉs et payรฉs en devises fortes. Sans oublier lโ€™impact sur le secteur MICE (Meetings, Incentives, Conferences, Exhibitions). Avec la Maison des Nations Unies, Dakar deviendrait une destination privilรฉgiรฉe pour les grandes confรฉrences internationales, attirant chaque annรฉe des milliers de participants venus du monde entier.
Les estimations les plus prudentes รฉvaluent ร  prรจs de 70 millions de dollars par an les retombรฉes directes et indirectes de cette installation, avec un potentiel ร  plus de 100 millions de dollars si la programmation รฉvรฉnementielle atteint sa vitesse de croisiรจre. Ce nโ€™est pas seulement un pari diplomatique : cโ€™est un investissement รฉconomique concret, crรฉateur dโ€™emplois et de richesses pour notre pays.

๐”๐ง ๐ž๐ง๐ฃ๐ž๐ฎ ๐๐ž ๐ฌ๐จ๐Ÿ๐ญ ๐ฉ๐จ๐ฐ๐ž๐ซ ๐ž๐ญ ๐๐ž ๐๐ข๐ฉ๐ฅ๐จ๐ฆ๐š๐ญ๐ข๐ž ๐โ€™๐ข๐ง๐Ÿ๐ฅ๐ฎ๐ž๐ง๐œ๐ž

Mais au-delร  des chiffres, lโ€™implantation des Nations Unies ร  Dakar doit รชtre envisagรฉe comme une arme de soft power. Dans un monde multipolaire marquรฉ par des crises systรฉmiques, la compรฉtition entre les capitales africaines ne se joue pas seulement sur le PIB ou les infrastructures, mais aussi sur la capacitรฉ ร  incarner des lieux de dรฉcision. Nairobi est devenue un passage obligรฉ pour les questions environnementales grรขce au PNUE et ร  ONU-Habitat. Addis-Abeba sโ€™est imposรฉe comme capitale diplomatique africaine grรขce ร  lโ€™Union africaine. Dakar a dรฉsormais lโ€™opportunitรฉ de devenir le centre nรฉvralgique des politiques de dรฉveloppement, de rรฉsilience climatique et de sรฉcuritรฉ en Afrique de lโ€™Ouest.

Un tel positionnement renforcerait la voix du Sรฉnรฉgal dans les forums internationaux, consoliderait son image de pays stable et fiable, et donnerait un coup dโ€™accรฉlรฉrateur ร  sa diplomatie dโ€™influence. Cโ€™est aussi un atout pour attirer dโ€™autres organisations internationales, des ONG et des think tanks, qui recherchent des environnements propices et sรปrs pour sโ€™implanter.

๐‹โ€™๐ฎ๐ซ๐ ๐ž๐ง๐œ๐ž ๐โ€™๐ฎ๐ง ๐š๐œ๐œ๐จ๐ซ๐

Le temps nโ€™est plus aux tergiversations. Chaque jour de blocage alimente le doute et lโ€™impatience. Le Sรฉnรฉgal doit dรฉmontrer sa capacitรฉ ร  conclure rapidement un accord gagnant-gagnant avec les Nations Unies. Cela implique de la souplesse dans les nรฉgociations financiรจres, de la crรฉativitรฉ juridique pour sรฉcuriser les immunitรฉs et de la transparence dans la gouvernance du site.

Il ne sโ€™agit pas de cรฉder sur nos intรฉrรชts, mais de trouver une voie mรฉdiane qui permette de valoriser un investissement stratรฉgique, de rassurer nos partenaires et de dรฉclencher un cercle vertueux dโ€™opportunitรฉs รฉconomiques et diplomatiques. Le coรปt de lโ€™inaction est supรฉrieur, de loin, aux concessions nรฉcessaires pour finaliser ce partenariat.

๐”๐ง ๐š๐ฉ๐ฉ๐ž๐ฅ ๐šฬ€ ๐ฅโ€™๐š๐œ๐ญ๐ข๐จ๐ง

La Maison des Nations Unies nโ€™est pas seulement un bรขtiment. Elle est le symbole dโ€™une ambition nationale et dโ€™un destin rรฉgional. Elle peut devenir lโ€™outil qui fera de Dakar la capitale diplomatique de lโ€™Afrique de lโ€™Ouest, un lieu oรน se dรฉcident les stratรฉgies de dรฉveloppement, oรน se construisent les coalitions contre le changement climatique, oรน se dessinent les rรฉponses aux dรฉfis du Sahel.

Pour cela, il faut un sursaut. Un leadership politique assumรฉ, une volontรฉ de compromis et une communication claire. Le message ร  porter est simple : ยซ ๐ƒ๐š๐ค๐š๐ซ ๐ž๐ฌ๐ญ ๐ฉ๐ซ๐žฬ‚๐ญ, ๐ƒ๐š๐ค๐š๐ซ ๐ž๐ฌ๐ญ ๐Ÿ๐ข๐š๐›๐ฅ๐ž, ๐ƒ๐š๐ค๐š๐ซ ๐ž๐ฌ๐ญ ๐ฅโ€™๐š๐ฏ๐ž๐ง๐ข๐ซ. ยป

Si nous saisissons cette opportunitรฉ, le Sรฉnรฉgal ne sera pas seulement lโ€™hรดte dโ€™un siรจge onusien. Il deviendra une rรฉfรฉrence, une capitale de solutions. Mais si nous laissons filer le temps, cโ€™est une chance historique qui nous รฉchappera, au profit dโ€™autres capitales plus promptes ร  transformer leurs ambitions en rรฉalitรฉ.

En dรฉfinitive, la Maison des Nations Unies ร  Dakar nโ€™est pas un luxe, mais une nรฉcessitรฉ. Elle est le levier qui permettra au Sรฉnรฉgal de conjuguer diplomatie, รฉconomie et influence. Le moment est venu de franchir le pas, sans dรฉlai. Cโ€™est mon intime conviction.

๐€๐ฆ๐›๐š๐ฌ๐ฌ๐š๐๐ž๐ฎ๐ซ ๐๐š๐›๐š๐œ๐š๐ซ ๐’๐š๐ง๐žฬ ๐๐€
๐„๐ฑ๐ฉ๐ž๐ซ๐ญ ๐ž๐ง ๐ƒ๐ข๐ฉ๐ฅ๐จ๐ฆ๐š๐ญ๐ข๐ž ๐žฬ๐œ๐จ๐ง๐จ๐ฆ๐ข๐ช๐ฎ๐ž

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babacarsaneba

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