À mesure que les jours passent, la fracture politique au sommet de l’État sénégalais semble de moins en moins dissimulée. Ce samedi 14 mars 2026, le Premier ministre et président de PASTEF – Les Patriotes, Ousmane Sonko, a réuni à huis clos les leaders de la coalition Alliance Patriotique pour le Travail et l’Éthique (APTE) à l’hôtel Azalaï de Dakar, lors d’un « ndogou » politique aux allures de démonstration de force.
Officiellement, il s’agissait de « consolider les soutiens autour du Projet » porté par PASTEF et de coordonner l’action avec ses alliés. Mais dans les faits, cette rencontre apparaît comme une réponse directe à la grande mobilisation de la coalition Diomaye Président organisée une semaine plus tôt au King Fahd Palace autour du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye.
La scène politique donne désormais l’impression de deux pôles en construction au sein même du pouvoir. D’un côté, la coalition structurée autour du président de la République. De l’autre, un Premier ministre qui consolide ses propres alliances politiques.
À l’issue de la rencontre, Ousmane Sonko n’a d’ailleurs pas cherché à atténuer le message. « Le rouleau est en marche », a-t-il lancé, qualifiant les échanges de « fructueux et résolument constructifs ». Une formule qui résonne comme un signal politique clair : la machine Sonko s’organise et avance.
La présence de figures comme Aïda Mbodj parmi les alliés renforce l’idée d’un bloc politique structuré autour du leader de PASTEF, capable de peser de manière autonome dans les équilibres du pouvoir.
Dans ce contexte, difficile de ne pas voir dans cette séquence une réplique politique au rassemblement de la coalition Diomaye Président. Deux rencontres, deux dynamiques, deux centres de gravité au sein d’un même pouvoir.
De plus en plus d’observateurs estiment ainsi que la rupture politique est désormais actée dans les faits. Reste la formalisation officielle. Si la logique actuelle se poursuit, la séparation politique entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko pourrait n’être plus qu’une question de temps.
En attendant, une chose semble claire : le pouvoir sénégalais est entré dans une phase de recomposition ouverte, où chacun consolide son camp et prépare déjà les prochains rapports de force.
BKD…





