MEDIAS : Les syndicats de la RTS « condamnent » Pape Ale Niang et avertissent les hautes autorités  » Nous ne transigerons pas et… »

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MISE AU POINT CONJOINTE DU SYNPICS ET DU SYNPAP
À propos de la sortie médiatique du Directeur général de la RTS, M.
Pape Alé Niang
Le SYNPICS et le SYNPAP, syndicats représentatifs des travailleurs de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS), tiennent à réagir avec gravité et responsabilité à la déclaration publique du Directeur général,
M. Pape Alé Niang, diffusée sur les antennes mêmes de la RTS. Cette intervention, marquée par une posture défensive, des insinuations menaçantes et une série de contrevérités, appelle une clarification rigoureuse, non pas pour polémiquer, mais pour rétablir la vérité et alerter l’opinion publique sur la dérive managériale que connaît notre maison commune.

  1. Le faux débat du véhicule personnel : une diversion indigne.
    En évoquant son véhicule de fonction, M. Niang tente de déplacer le débat vers un terrain émotionnel et personnel, loin des préoccupations réelles
    des agents. À aucun moment, les syndicats n’ont mis en cause l’usage de son véhicule.
    Ce qui est en cause, c’est la gestion globale du parc automobile de la RTS
    : des dizaines de véhicules, achetés avec l’argent du contribuable, sont aujourd’hui immobilisés, sans affectation claire, exposés aux intempéries, et promis à une dégradation irréversible. Ce laisser-aller traduit une absence de vision stratégique et un mépris des règles élémentaires de gestion patrimoniale. Le silence du Directeur général sur cette question, au profit d’un plaidoyer personnel, est révélateur d’une
    volonté de détourner l’attention de la réalité.
  2. Une gouvernance solitaire, opaque et clientéliste
    Depuis sa prise de fonction, M. Niang a instauré un mode de gestion autoritaire, fondé sur l’exclusion, la suspicion et le favoritisme. Les faits sont têtus :
  • Des marchés publics ont été attribués dans des conditions opaques, sans appel d’offres ni transparence. Le cas du « Village de la CAN »,
    confié à un proche du Directeur général, illustre une dérive grave dans la gestion des ressources publiques.
  • L’ancienne maison de la RTS, lieu chargé d’histoire et de mémoire collective, a été transformée en un second bureau personnel, sans justification fonctionnelle ni concertation, alors même que les agents
    manquent d’espaces de travail décents et que les priorités budgétaires devraient être orientées vers la production et la modernisation des équipements.
  • Des cadres chevronnés, des journalistes de renom et des techniciens expérimentés sont écartés sans motif, remplacés par des profils choisis non pour leurs compétences, mais pour leur docilité. Cette mise à l’écart systématique des talents constitue une perte sèche pour l’entreprise et un frein à son rayonnement.
  • La promotion de la médiocrité est devenue la norme : les critères de mérite, d’ancienneté et de compétence sont bafoués, au profit d’un système de récompense clientéliste qui démoralise les équipes, affaiblit la
    qualité du service public et compromet la mission d’information impartiale et professionnelle de la RTS.
  1. Le mépris des agents et la négation du dialogue social
    Les agents de la RTS, qui assurent avec professionnalisme la mission de
    service public, sont traités avec une condescendance inacceptable. Le
    Directeur général refuse systématiquement de recevoir les représentants
    syndicaux, piétine les engagements issus de l’accord d’entreprise, et
    ignore les revendications légitimes des travailleurs. Ce mépris
    institutionnalisé a pour effet de détériorer le climat social, d’alimenter la
    frustration et de compromettre la cohésion interne indispensable au bon
    fonctionnement de l’entreprise. Le dialogue social, pourtant socle de toute
    gouvernance moderne et responsable, est réduit à une formalité vide de
    sens.
  2. Une confusion entretenue entre financement public et obligations
    contractuelles
    M. Niang entretient volontairement une confusion entre les subventions
    de l’État destinées à l’audiovisuel public et les obligations issues de
    l’accord d’entreprise. Or, ces deux dimensions sont juridiquement et
    fonctionnellement distinctes. L’accord d’entreprise est un contrat social,
    fruit de négociations entre la direction et les représentants du personnel,
    et il engage la direction indépendamment des arbitrages budgétaires de
    l’État. En niant cette réalité, le Directeur général tente de se soustraire à
    ses responsabilités contractuelles et de délégitimer les revendications
    salariales et sociales des agents. Cette posture est non seulement
    juridiquement infondée, mais elle trahit une volonté de désengagement
    vis-à-vis des devoirs fondamentaux de l’employeur public.
  3. Une atteinte grave à la liberté syndicale
    L’interdiction faite aux syndicats de tenir un point de presse dans les
    locaux de la RTS constitue une violation flagrante des libertés
    syndicales, garanties par la Constitution sénégalaise, le Code du travail
    et les conventions internationales ratifiées par notre pays. Cette décision
    autoritaire, sans précédent dans l’histoire de la RTS, révèle une volonté
    manifeste de museler les voix discordantes, de criminaliser
    l’expression syndicale et de transformer l’entreprise publique en
    instrument de communication personnelle. En refusant aux travailleurs le
    droit de s’exprimer dans leur propre maison, le Directeur général franchit
    une ligne rouge et s’inscrit en faux contre les principes fondamentaux de
    la démocratie sociale.
  4. Des menaces qui ne nous intimident pas
    En affirmant qu’il « prendra ses responsabilités », M. Niang adopte une
    posture de défi, voire de menace. Nous lui rappelons que les syndicats
    ont, eux aussi, pris les leurs : défendre les droits des travailleurs,
    préserver l’éthique du journalisme public, et protéger l’avenir de la
    RTS contre toute dérive autoritaire, clientéliste ou patrimoniale. Nous
    ne céderons ni à l’intimidation, ni à la diversion, ni à la peur. Notre
    engagement est clair : faire respecter la dignité des agents, garantir la
    transparence dans la gestion, et restaurer la confiance au sein de
    l’entreprise.
  5. Appel à l’État et à l’opinion publique
    Nous interpellons solennellement les autorités de tutelle – le
    Président de la République, le Premier ministre, le ministre de la
    Communication – ainsi que l’ensemble des citoyens : la RTS est un bien
    commun, un patrimoine national, et non une propriété privée. Elle mérite
    une gouvernance exemplaire, transparente, inclusive et respectueuse des
    droits des travailleurs. Il est temps de mettre fin à la dérive actuelle et
    de restaurer la dignité, la compétence et la justice au cœur de notre
    maison commune. L’avenir de la RTS ne peut être sacrifié sur l’autel
    des ambitions personnelles ni des logiques de clan.
    Le SYNPICS et le SYNPAP réaffirment leur attachement au dialogue,
    mais ne transigeront jamais sur les principes de justice, de mérite, de
    transparence et de respect des agents. Ils resteront debout, unis, et
    déterminés à défendre la RTS contre toute tentative de privatisation
    morale, de confiscation institutionnelle ou de banalisation de la médiocrité.

  6. Fait à Dakar, le 02 janvier 2026
    SYNPICS SYNPAP

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