Révélations explosives à Banjul : Yahya Jammeh avait dressé une liste d’assassinats visant des figures sénégalaises
Par Baba Aidara
Une onde de choc traverse discrètement Banjul et menace de déborder bien au-delà des frontières gambiennes.
Un document manuscrit attribué à Yahya Jammeh, ancien dictateur de la Gambie aujourd’hui exilé en Guinée équatoriale, a refait surface dans le cadre des travaux de la Truth, Reconciliation and Reparations Commission (TRRC). Son contenu est glaçant : une liste de personnalités explicitement ciblées pour être éliminées.
Parmi les noms cités, plusieurs figures politiques sénégalaises de premier plan : Me Abdoulaye Wade, Idrissa Seck, Karim Wade , Cheikh Tidiane Gadio et Abdoulaye Balde . Des personnalités qui, à différentes périodes, ont incarné une influence politique et diplomatique régionale jugée hostile ou dérangeante par le régime Jammeh.
Le document mentionne également des journalistes gambiens de renom, ainsi qu’un nom qui résonne fortement dans l’actualité politique gambienne : l’ambassadeur Issa Bokarr Sy, aujourd’hui figure majeure de l’opposition et candidat déclaré aux prochaines élections. Diplomate respecté, Issa Bokarr Sy s’était illustré comme l’un des dénonciateurs les plus constants des crimes et dérives du régime Jammeh — ce qui expliquerait la mise à prix de sa tête.
Ces révélations relancent une question que beaucoup pensaient enterrée : les réseaux de Yahya Jammeh ont-ils réellement disparu ?
Les tristement célèbres “Jungullars”, escadrons de la mort du régime, continueraient d’opérer, selon plusieurs sources concordantes, dans la sous-région. Leur présence signalée au-delà de la Gambie nourrit les pires inquiétudes.
Le contexte rend la situation encore plus explosive. Alors que des rumeurs persistantes évoquent un retour possible de Yahya Jammeh, le président gambien Adama Barrow, en pleine campagne électorale à Kamilia, a récemment déclaré ne pas s’opposer à ce retour. Une sortie politique lourde de conséquences, perçue par certains comme un signal de tolérance, voire de réhabilitation tacite de l’ancien dictateur.
Pour le Sénégal, ces révélations ne peuvent être traitées comme un simple dossier étranger. La présence de noms sénégalais sur une liste d’assassinats, l’activité supposée de réseaux armés transfrontaliers et l’instabilité politique latente en Gambie imposent une vigilance sécuritaire accrue.
Ce que révèle ce document, au-delà de l’horreur, c’est une vérité dérangeante :
les crimes des dictatures ne s’arrêtent pas toujours avec l’exil de leurs auteurs. Ils survivent dans les réseaux, les complicités et les silences.
Avec Babapodcast.com
Informer. Enquêter. Éclairer.





