Remerciements après les élections de la FSF – Une parole libre, une marche en avant
Le rideau est tombé.
L’élection du président de la Fédération Sénégalaise de Football a rendu son verdict, au terme d’une journée lourde de silences, de stratégies voilées, de promesses glissées à l’ombre des couloirs. Ce fut un moment de vérité, mais aussi un miroir tendu à notre football.
Je félicite sincèrement Abdoulaye Fall, porté à la tête de notre fédération, pour sa victoire nette. Il a su convaincre, rassembler, incarner une dynamique. J’adresse également mes salutations respectueuses à Mady Touré, Me Augustin Senghor, Oumar Ndiaye – compagnons de cette traversée électorale.
Quant à moi, je suis arrivé dernier. Zéro voix. Pas même la mienne.
Non pas par rejet, mais par impossibilité : je ne faisais pas partie de ce collège électoral qui, verrouillé, exclut d’entrée toute voix qui détonne, toute différence qui dérange.
Et pourtant, je n’ai aucun regret. Parce que je suis allé au bout. Parce que je n’ai triché ni avec moi-même, ni avec les autres. Parce que j’ai porté, sans masque ni tuteur, une idée simple : un football sénégalais plus juste, plus humain, plus libre.
Ma candidature n’était pas une stratégie, c’était une parole. Une brèche dans un mur trop ancien.
J’ai voulu montrer qu’on peut se présenter sans appartenir. Qu’on peut aimer le football sans s’y perdre. Qu’on peut rêver pour lui sans rêver pour soi.
De Kaolack à Matam, de Louga à Saint-Louis, j’ai rencontré le cœur battant de notre sport : éducateurs infatigables, dirigeants dévoués, bénévoles passionnés. J’ai vu des regards fatigués mais debout. Des voix timides mais vraies. Et j’ai compris que notre football avait encore une âme – mais qu’il fallait la protéger.
J’ai aussi croisé la duplicité, les faux sourires, les petites trahisons enveloppées de courtoisie. Le pouvoir attire tout, y compris ce qu’il y a de moins noble. C’est ainsi. Mais cela ne doit jamais nous détourner de l’essentiel.
Aujourd’hui, je ne me retire pas. Je me redresse.
Plus lucide, plus calme, mais encore plus convaincu que le changement viendra. Non par rupture soudaine, mais par usure du mensonge. Par force du courage. Par constance du rêve.
Je rends hommage à Me Augustin Senghor, bâtisseur infatigable de notre football. À Mady Touré, éclaireur opiniâtre et droit. À Oumar Ndiaye, sourire franc au milieu du tumulte. Merci à vous. Merci pour l’élégance de vos batailles.
Je pense à ma famille, à mes amis, à ces inconnus qui m’ont dit “bonne chance” dans la rue ou murmuré une prière sans que je le sache. À vous, je dois l’essentiel : cette force tranquille de ceux qui avancent sans bruit.
À Abdoulaye Fall, je souhaite du fond du cœur un mandat utile, courageux, tourné vers l’avenir. Que Dieu vous éclaire, vous guide, et vous garde proche du terrain, là où tout commence.
Moi, je continue.
Parce que le football n’est pas un siège à conquérir. C’est une communauté à servir.
Parce qu’il ne choisit pas. Il rassemble. Il relie. Il transcende.
Et tant qu’il y aura des ballons dans la poussière, des enfants dans les rues, des rêves sur des terrains vagues, je resterai debout.
La marche ne s’arrête pas.
Elle ne fait que commencer.





