Situation nationale : résister, ensemble !
Le Sénégal traverse, depuis deux ans, une zone de turbulences qui, en ce début 2026,
menace les fondements mêmes de sa stabilité.
En effet, la crise des finances publiques a atteint un seuil alarmant, matérialisé par la
récurrence des défauts de paiement envers des secteurs vitaux (éducation, universités,
transports aériens).
Au même moment, la campagne de commercialisation arachidière, vitale pour notre
économie, est en train de se solder par un échec patent, aveu d’impuissance du
gouvernement. Les promesses aussi démagogiques qu’irréalistes du Premier
ministre se heurtent au mur de la réalité budgétaire, livrant les paysans à une
précarité extrême. Tout le monde sait qu’il est impossible, pour la SONACOS, de triturer
450.000 tonnes d’arachide. De surcroît, avec cet objectif fixé, il faudrait que l’État appuie
la SONACOS à mobiliser 150 milliards F CFA pour le coût de ces graines carreaux usine
et débloque, immédiatement, 60 milliards si l’on doit tenir compte de l’engagement du
Premier Ministre, à la réunion du conseil interministériel du 25 novembre 2025, d’apurer,
à cette hauteur, les arriérés dus aux Opérateurs Privés Stockeurs. Au total, pour pouvoir
acheter ces 450.000 tonnes d’arachide, les besoins se chiffrent à 210,75 milliards, alors
que, l’année dernière, la SONACOS n’a pu collecter que 155.000 tonnes d’arachide
(d’une valeur de moins de 52 milliards CFA) qu’elle n’a d’ailleurs pas pu transformer
intégralement en huile jusqu’ici.
Le FDR tient à exprimer toute sa solidarité aux millions d’agriculteurs durement éprouvés
par l’irresponsabilité cynique du gouvernement, obligés qu’ils sont de brader à vil prix leur
production arachidière pour subvenir aux besoins élémentaires de leurs familles.
Du reste, le spectacle affligeant et inédit d’un Chef de gouvernement rejetant
publiquement la faute sur ses ministres constitue un piétinement manifeste du principe
constitutionnel de solidarité et de collégialité gouvernementales, tel que consacré par
l’article 56 de la Constitution, et achève de décrédibiliser cet engagement du Premier
Ministre.
Ce dernier a aussi choisi de persister dans sa posture populiste de dénonciation publique
du FMI et des institutions internationales. Il donne ainsi l’impression de s’intéresser au
polissage de son image personnelle de « héros » ou de « guide de la révolution » plutôt
qu’à la recherche de solutions réalistes à la crise d’insolvabilité qui menace le Sénégal.
Paradoxalement, ce naufrage économique contraste de façon indécente avec
l’opulence affichée par l’élite au pouvoir. Et le dernier exemple en date, l’acquisition
de véhicules de luxe pour les députés, via des mécanismes de financement
opaques, constitue une véritable insulte à la souffrance des ménages sénégalais.
Au plan institutionnel, la République est de plus en plus abîmée. Les invectives
s’aggravent jusqu’au sein même de la majorité parlementaire n’épargnant plus le
Président de l’Institution.
Le maintien en fonction du Premier ministre, en dépit d’un manifeste conflit
d’intérêts dans une procédure judiciaire le concernant, témoigne d’un affaissement
moral de l’État.
Par ailleurs, l’opacité entourant les réformes constitutionnelles annoncées laisse craindre
une instrumentalisation de la loi fondamentale du Sénégal à des fins politiciennes. Le
minimum de décence républicaine exigeait pourtant la transparence totale sur ces projets
et la publication des textes y afférents.
Devant la gravité de l’heure, le FDR appelle à la coordination des initiatives de
toutes les forces politiques, syndicales, associatives en lutte contre les dérives de
ce gouvernement. Il devient en effet impératif de construire un bloc puissant pour
faire barrage à l’incompétence et aux injustices notées et pour limiter les dégâts
déjà bien dommageables.
Dans cette optique, le FDR ira, dans les tout prochains jours, à la rencontre des partis,
mouvements et personnalités de l’opposition pour échanger sur un cadre unique de
concertation et d’action commune.
Par ailleurs et en application de sa charte, le FDR, après avoir félicité Samba SY,
Secrétaire Général du PIT, Coordonnateur sortant pour l’excellent travail accompli durant
son mandat, a désigné Oumar SARR, Président du PLD/And Suqali, comme son
nouveau coordonnateur. Le Front a décidé en outre de renforcer son action par
davantage de descentes sur le terrain pour discuter avec les populations subissant de
plein fouet la politique ruineuse du régime PASTEF.
La Conférence des Leaders
Dakar, le 11 janvier 2026





