Message de Simon Stiell, secrétaire exécutif de l’ONU Climat, à l’occasion du dixième anniversaire de l’Accord de Paris : contributions déterminées au niveau national et financement
Excellences,
Mes amis,
Il y a plus de trois décennies, à Rio, l’humanité s’est engagée dans une nouvelle voie de coopération mondiale en matière de climat.
Il y a dix ans, à Paris, nous avons fait un grand pas en avant.
Sans cet acte de courage collectif, nous serons toujours en route vers un avenir impossible, marqué par un échauffement incontrôlé pouvant atteindre 5 degrés.
Grâce à cela, la courbe s’infléchie en dessous de 3 °C, ce qui reste dangereux, mais prouve que la coopération climatique fonctionne.
La révolution des énergies propres est en plein essor, mais nous devons veiller à ce que tous les pays puissent y participer pleinement.
L’année dernière, deux mille milliards de dollars ont été investis dans les énergies renouvelables, soit deux fois plus que dans les combustibles fossiles.
Quatre-vingt-dix pour cent des nouvelles capacités énergétiques mondiales étaient renouvelables.
Nos priorités actuelles, à connaître les plans et le financement de la lutte contre les changements climatiques, sont le catalyseur qui peut accélérer l’action, stimuler la croissance verte et renforcer la résilience de chaque nation.
Notre analyse montre des progrès : non seulement dans la réduction des émissions, mais aussi dans l’élaboration de plans plus crédibles pour l’ensemble de l’économie, dans le renforcement des liens avec l’adaptation, les transitions justes et l’égalité des sexes, et dans l’alignement plus étroit avec le bilan mondial et les résultats concrets.
Et nous voyons que les grandes économies déclarent qu’elles s’efforceront de faire mieux.
Car les nations qui réagissent rapidement tireront le meilleur parti de l’essor des énergies propres qui remodèlent la croissance mondiale.
Je félicite ceux qui ont soumis leurs plans et j’exhorte ceux qui ne l’ont pas encore fait à le faire dès maintenant.
Ici, à Belém, nous devons accélérer sur tous les fronts. Cela signifie redoubler d’efforts en matière de coopération internationale. Notre arme pas si secrète dans la lutte contre les changements climatiques.
Mais nous savons tous que les plans sans financement ne peuvent pas atteindre leur plein potentiel.
Le financement est le grand accélérateur.
La feuille de route de Bakou à Belém trace la voie pour passer de 300 milliards de dollars par an à 1 300 milliards de dollars d’ici 2035, et elle doit devenir réalité.
Il s’agit d’un intérêt commun, et non d’une œuvre de charité, mais d’un investissement dans la stabilité et la prospérité.
Chaque dollar investi dans des solutions climatiques rapporte de multiples dividendes : des emplois, un air plus pur, une meilleure santé, des chaînes d’approvisionnement mondiales résilientes, une sécurité énergétique et alimentaire renforcée.
Pour permettre cette transformation, le financement doit être augmenté, accéléré et réparti de manière à atteindre tous les pays, rapidement, équitablement et intégralement.
Mes amis, l’Accord de Paris a prouvé que la coopération mondiale permettait de progresser, mais pas encore assez rapidement.
Dix ans plus tard, nous devons le prouver à nouveau, en rendant ce cadre extraordinaire plus rapide et plus équitable, pour tous, partout dans le monde.
L’histoire ne nous demandera pas ce que nous avions l’intention de faire.
Elle nous demandea ce que nous avons accompli.
Je vous remercie.
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