FINANCE ET COOPERATION : Quand le FMI devient le nouveau Mollah de Sonko

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Quand le FMI devient le nouveau Mollah de Sonko

Il y a des victoires qui ressemblent à des capitulations.
Le Sénégal crie victoire, certains militants agitent le drapeau du “succès diplomatique” après l’annonce du Fonds Monétaire International (FMI) de reprendre ses relations avec Dakar.
Mais ceux qui exultent ont manifestement sauté le passage le plus important du communiqué : le FMI revient, oui… mais cette fois, c’est lui qui mène la danse.

De punching-ball à Saint Patron

Le FMI, que Ousmane Sonko traitait hier de machine néocoloniale et de fossoyeur des économies africaines, devient aujourd’hui le “Mollah” qu’on acclame.
Ironie du sort : hier honni, le FMI est désormais sanctifié, béni, invité à revisiter les chiffres du trésor public sénégalais.
Le même Sonko qui jurait ne jamais s’agenouiller devant les institutions de Bretton Woods vient de leur dérouler le tapis rouge, dans une humiliante inversion des rôles.

La dette cachée : le suicide budgétaire

Jamais, dans l’histoire économique moderne, un pays n’a supplié qu’on gonfle sa propre dette.
Le Sénégal, sous ce nouveau régime, vient d’écrire une page absurde : demander au FMI de requalifier des garanties de l’État comme dettes souveraines, ce que même la France — contributrice du FMI — refuse de faire.
C’est du jamais vu.
Un acte suicidaire, économiquement parlant, car cela augmente artificiellement notre taux d’endettement, nous rendant encore plus vulnérables à la mainmise des bailleurs.

Le FMI, qui réclamait depuis l’ère Wade la suppression des subventions sur le carburant et l’électricité, a désormais les coudées franches.
Et dès la visite de ses experts prévue la semaine prochaine, le décor sera planté : hausse des tarifs Senelec, réduction des subventions à la pompe, gel du recrutement public.
Bref, les ménages sénégalais vont payer, au nom d’un symbole politique.

L’économie sacrifiée sur l’autel de l’ego

Ce que le gouvernement appelle “restauration de la crédibilité budgétaire” n’est en réalité qu’une reddition en rase campagne.
Pour sauver la face et valider la nomination du Premier ministre, l’équipe au pouvoir a offert le pays en gage, comme un élève zélé qui veut montrer patte blanche à son examinateur.
On ne négocie pas avec le FMI en posture d’orgueil ; on négocie avec rigueur, vision et intérêt national.
Or, ici, le FMI a obtenu ce qu’il n’avait pas réussi à imposer depuis vingt ans.

La facture arrive, et elle sera salée

Le peuple, lui, découvrira bientôt l’addition :

la hausse du coût de l’électricité,

la suppression progressive des subventions,

la mise en veille des programmes sociaux.

Et pendant que les ménages serreront la ceinture, le gouvernement, lui, continuera de célébrer un “succès technique” dont il n’a même pas lu les astérisques.
Car derrière la diplomatie des communiqués, le FMI, lui, sait ce qu’il fait : il revient pour reprendre le contrôle du tempo économique du Sénégal.

Conclusion : la victoire du FMI, pas du Sénégal

Ceux qui chantent victoire devraient relire l’histoire.
Chaque fois qu’un pays africain a cru “gagner” une négociation avec le FMI, il s’est réveillé le lendemain avec un ajustement structurel autour du cou.
Le FMI n’a pas fléchi — il a simplement attendu que le Sénégal se livre de lui-même.
Et c’est chose faite.

“Le FMI voulait enlever les subventions, Sonko les lui a offertes sur un plateau.”
Voilà la vraie histoire d’une prétendue victoire, qui n’est en réalité qu’une capitulation budgétaire sous stéroïdes. ………..

Baba Aidara Journaliste d’Investigation

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