Dans le cadre d’une tournée « à l’écoute des paysans » que nous avons entreprise depuis quelques jours, nous avons fait plusieurs visites, rencontres et échanges dans différentes localités au sine Saloum et en Casamance. A l’étape du Fouladou, nous tenons à attirer l’opinion nationale et internationale ainsi que celui du gouvernement sénégalais sur les points suivants :

1- Nous alertons sur un risque de mévente de l’arachide compte tenu de l’implication timide des opérateurs pour diverses raisons et la surtaxe sur l’exportation de l’arachide qui a freiné les opérateurs étrangers notamment les Chinois.

Le paysan du Saloum est en train de brader ses récoltes pour pouvoir survivre au moment où les denrées de première nécessité augmentent et l’accès à la santé et à l’éducation devient de plus en plus onéreux.

Nous incitons l’État sénégalais à anticiper sur la situation actuelle en faisant respecter le prix du Kg fixé et en étudiant les voies et moyens devant permettre aux paysans de vendre leurs récoltes sans être lésés.

La situation de la commercialisation de l’arachide en 2018 qui avait poussé le Président de la République à faire appel, au dernier moment, aux opérateurs étrangers doit être évité.

2- La mauvaise qualité des semences a beaucoup porté préjudice aux paysans. Ce qui a eu un impact considérable sur la production agricole et sur la qualité du produit.
C’est aussi le cas en ce qui concerne l’engrais. Un manque criard d’engrais et un procédé de revente qui en prive les véritables bénéficiaires à beaucoup porté préjudice à la production agricole. Une production insuffisante ou de mauvaise qualité a été notée dans plusieurs zones portant ainsi préjudice aux paysans et aux opérateurs.

Travailler durement pour ne presque rien gagner est de plus en plus souvent le quotidien du paysan sénégalais.

Nous exigeons l’audit du processus de distribution des semences et de l’engrais pour apporter la lumière sur des pratiques qui privent les paysans des bienfaits supposés de la subvention de l’État.


3- La salinisation des sols est un phénomène inquiétant. Des milliers d’hectares sont aujourd’hui abandonnés à cause de ce processus. L’autosuffisance en riz pour certains habitants n’est plus une évidence. Le rendement de la production est faible ou parfois inexistant poussant les cultivateurs à acheter les produits jadis cultivés dans des commerces pour pouvoir vivre.

Ce phénomène est en train de s’étendre sur la survie des arbres fruitiers et toutes autres productions agricoles, de même que la biodiversité.

Nous exigeons la réhabilitation du barrage anti-sel de Guidel et la construction de nouveaux barrages dans les localités touchées pour endiguer définitivement ce phénomène.

Il faut un programme d’investissement massif en Casamance. Les projets de l’État (PPDC, ANRAC, P2RS…) sont intéressants mais ils doivent s’adapter à la dimension sociale de la région pour mieux exploiter ses opportunités agricoles immenses.

Fait à Kolda le 19 décembre 2021
Thierno Bocoum
Prèsident du mouvement AGIR