Suite à sa visite à l’usine de céramique Twyford, l’Inspecteur régional du Travail et de la Sécurité sociale, Téne Gaye a fait un communiqué pour revenir sur les manquements de l’usine par rapport à la législation du travail. Avant d’inviter les employeurs et les employés à la retenue pour l’apaisement du climat travail.

«Le 04 septembre 2020, date de ma première visite à Twyford Ceramics Limited LT, je n’ai ménagé aucun effort pour le respect de la législation sociale par l’employeur et par là, l’instauration d’une paix durable dans cet établissement», déclare Tène Gaye inspecteur du travail. Avant de signaler que, lors de ladite visite, il a noté de nombreux manquements à la législation du travail «relevés dans différents zones de l’usine ». Ainsi, il a servi une mise en demeure dès le lendemain dont les vingt-neuf (29) points à corriger portaient notamment sur: l’absence de mesures de protection collectives et d’équipements de protection individuelle ; le non-respect des prescriptions en matière d’hygiène, de santé et de sécurité ; le non-respect des horaires de travail réglementaires ; le refus d’octroyer les indemnités prescrites par la réglementation ; l’interdiction des syndicats professionnels et le refus d’organiser des élections de délégués du personnel ; de difficiles conditions d’hébergement des travailleurs logés dans l’entreprise.

Au terme de sa visite, l’inspecteur a exigé la fermeture immédiate des dortoirs qui, selon lui, «ne répondent à aucune norme réglementaire. Non sans attirer l’attention de l’employeur sur le climat tendu qui prévalait. Malheureusement, la Direction de l’entreprise n’a pas jugé utile de suivre mes recommandations» se désole Téne Gaye. «Ce qui a eu pour conséquence la première grève déclenchée par ses travailleurs sans observation préalable d’un préavis », signale-t-il.

Tène Gaye informe que l’intervention de l’Inspection régionale du Travail et de la Sécurité sociale a permis une sortie de crise sans représailles aucune à l’endroit des travailleurs contre la reprise de leur activité deux jours plus tard.

«Conformément à mes directives, les délégués du personnel ont été élus, le syndicat de base créé, le camp levé, des tenues de travail distribués, les horaires de travail revus…», déclare l’inspecteur du travail. Par ailleurs, il souligne que «depuis, les parties avaient en effet, jusque-là, donné une chance à la négociation pour la levée de toutes mésententes. Périodiquement, elles se sont retrouvées dans nos locaux pour un suivi des engagements ». Il faut noter qu’à ce jour, même si certaines choses pourraient encore nettement être améliorées, objectivement, il n’y a dans cette entreprise, ni esclavage ni traitement dégradant ou contraire aux droits incompressibles de l’homme», soutient Tène Gaye.

Il a tenu à préciser que «seulement, aux yeux des délégués et de leur organisation professionnelle, les correctifs à apporter par l’employeur prenaient trop de temps et que malgré la pénibilité de leur travail, ce dernier se dérobait toujours pour ne pas satisfaire leurs revendications à incidence financière». De son côté, l’employeur, signale avoir consenti à de multiples efforts depuis des mois, «les délégués ont toujours répondu par la surenchère et l’extrémisme syndical au point d’installer l’établissement dans une crise chronique», affirme l’inspecteur du travail Tène Gaye. «Le 24 février 2021, alors que les parties venaient de conclure un accord portant sur douze points de droit sur les quatorze de leur plateforme, les travailleurs sont revenus déposer un préavis portant sur les deux points à incidence financière, n’ayant pas fait l’objet d’accord. Bien que ceux-ci relèvent de libéralité, l’employeur finit par marquer son accord de principe en promettant de revenir sur les montants à arrêter par le Président du Conseil d’administration du Groupe résident en Chine. Entre-temps, le 02 avril 2021, lors d’un point de presse tenu au centre culturel de Nguekhokh couplé à une campagne d’affichage jusque dans certains endroits de Dakar, l’image de l’entreprise et de la Chine est, une fois de plus, sérieusement ternie», se désole-t-il.

L’inspecteur régional du travail Tène Gaye affirme que, «la situation qui prévaut depuis ce week-end est due à la rupture du dialogue imputable aussi bien aux travailleurs qu’à la direction de l’établissement». Ainsi pour rétablir les faits dans leur exactitude, ce ne sont pas des licenciements de délégués du personnel qui, le cas échéant, supposeraient une autorisation préalable de l’Inspection du Travail (article L.214 du code du travail) mais plutôt, le non renouvellement des contrats à durée déterminée (CDD) arrivés à terme. Ces renouvellements à volonté et sans limitation des CDD par Twyford Ceramics ont été contrairement à l’article L.42 du code du travail, rendus possible par l’agrément de l’APIX dont elle bénéficie». C’est dans ce sens que l’inspecteur régional du travail invite la direction de Twyford «à faire preuve de dépassement pour une issue heureuse de cette situation car même si elle s’appuie sur le droit, un climat de travail serein est gage d’une paix sociale durable porteur de progrès pour les travailleurs et de performances économiques pour l’entreprise .Tout en exhortant les travailleurs à la retenue, l’Inspecteur du Travail se dit ouvert aux deux parties manifeste aux parties et leur réitère sa volonté de les accompagner comme «elle l’a toujours fait pour un retour définitif de la paix dans l’établissement».

Seynabou Diaw, correspondante permanente a Thies