Le ministre de l’Economie numérique et des Télécommunications, Yankhoba Diatara n’attendra pas que le débat sur la régulation des réseaux sociaux pollue l’espace médiatique pour y apporter une réponse. Pour lui, la régulation vise plutôt à préserver les libertés que de les restreindre.

Depuis que le président de la république du Sénégal, Macky Sall a instruit le ministre de l’Economie numérique et des Télécommunications, Yankhoba Diatara de mettre en place un dispositif spécifique pour réguler les réseaux sociaux, à l’issue du conseil des ministres du 03 février 2021, certains compatriotes et acteurs de l’écosystème du numérique craignent que le gouvernement soit dans une logique de musellement des citoyens et une volonté de restriction des libertés d’expression.
Cette question a été centrale au cours de l’émission « l’Invité Tech » de la Rfm, animée par le journaliste Pape Balla Gueye, ce samedi 19 février 2021. En réponse à cette interpellation, le ministre de l’Economie numérique et des Télécommunications, Yankhoba Diatara a tenu a rassuré les populations après avoir effectué un constat sur lequel tous les usagers sont unanimes, à savoir la montée en puissance des dérives sur les réseaux sociaux. « Il ya beaucoup de spéculations au Sénégal. C’est un secret de polichinelle que de dire que le Sénégal est une référence et un modèle démocratique. Nous avons dépassé l’ère du musellement des opposants ou de restrictions des libertés d’expression. Mais, force est de reconnaitre que le diagnostic unanimement effectué montre que les dérives prennent le dessus sur le bon usage des réseaux sociaux. Des compatriotes en arrivent à avoir peur de s’y exprimer par crainte d’être la cible d’invectives ou d’insanités qui ne reflètent même pas notre culture ou nos valeurs » a d’emblée expliqué le ministre.
Pour Yankhoba Diatara, il est de la responsabilité de l’Etat de préserver les droits de tous les compatriotes. «Nous ne devons pas laisser ceux qui y terrorisent les gens conquérir cet espace alors qu’ils ont les mêmes droits et libertés que ceux qu’ils veulent en exclure. Cette régulation, c’est une volonté de préserver les libertés de tous ceux qui utilisent les réseaux face aux dérives de certains autres afin que chacun y tire les opportunités et bénéfices qu’il y recherche. C’est de la volonté de l’Etat de mettre en place les dispositifs pour préserver les libertés individuelles » a défendu le ministre de l’Economie numérique et des Télécommunications.
Poursuivant, Yankhoba Diatara rappelle le caractère «dynamique et évolutif» du numérique utilisé par les compatriotes pour des objectifs et activités divers et variés. Et la volonté du président de la république, soutient-il, c’est de faire en sorte qu’ils y tirent de la plus-value.
«C’est une question de responsabilité et le Sénégal mettra tous les moyens pour que les usagers bénéficient de la plus-value que procure le numérique. Pour cela, il faut réguler le secteur étant donné que «l’année numérique» équivaut à 4 mois d’une année civile, c’est-à-dire qu’il y a une nouvelle création tous les 4 mois. Cela rend souvent caduques ou dépassés les dispositifs qui sont mis en place antérieurement. De ce fait, il faut s’adapter de manière flexible. Malgré le dispositif assez bien fourni dont dispose le Sénégal, il y a des manquements qui peuvent s’expliquer par plusieurs facteurs comme l’ignorance des textes. Pour y remédier, il y a une batterie de mesures à prendre telle que la sensibilisation ou la formation afin de mettre les compatriotes à niveau. Une mise à jour s’impose. Et le président de de la République nous a instruit d’adapter le dispositif par rapport au contexte d’évolution du secteur » a souligné le ministre.
Toutefois, rassure le ministre Yankhoba Diatara, il ne sera pas question de procéder d’une manière cavalière et unilatérale. «Le numérique est un secteur qui regroupe beaucoup d’acteurs. Nous avons toujours privilégié le dialogue et la concertation avec les acteurs de l’écosystème du numérique, c’est notre règle de gouvernance pour des décisions consensuelles au bénéfice des usagers » a-t-il insisté. Sans manquer d’annoncer que tous les acteurs du secteur seront autour de la table pour trouver ensemble la bonne formule.