C’est dans un communiqué du Synpics que l’information a été donnée. Le syndicat des professionnels de l’information et de la communication a fait l’objet d’une saisine par les travailleurs de Africome Sa, société éditrice des quotidiens sportifs Stades et Sunu Lamb.

Ce mercredi 10 septembre 2020, le SYNPICS a été saisi d’une lettre de protestation signée par six (6) journalistes du quotidien sportif «Stades». Dans ladite lettre, ils se plaignent de mise en chômage technique sans rémunération. De la relation des faits, il en ressort que le mardi 30 juin 2020, à la veille de l’expiration de l’ordonnance de Macky Sall visant à protéger les travailleurs, l’administrateur général de AFRICOME a invoqué des difficultés liées à la pandémie de coronavirus pour présenter à ses employés deux alternatives afin de réduire l’impact de «la crise» : la réduction du temps de travail de 30% ou le chômage technique et le licenciement pour motif économique.

Contraints en quelle sorte d’accepter cette mesure, les travailleurs proposent une ponction à durée raisonnable sur le salaire de chaque employé de tous les secteurs d’emploi à AFRICOME-SA ne dépassant pas les 5%, afin d’alléger le manque à gagner. Ensuite ils ont exigé la signature d’un Protocole d’accord attestant notamment que l’entreprise remboursera la totalité de la somme défalquée sur les salaires du personnel, une fois qu’elle aura reçu l’aide de l’État destinée à soulager les entreprises impactées. Enfin, ils ont demandé la fin du télétravail ou le rétablissement de l’indemnité de transport, car les reporters sont parfois obligés de se déplacer pour des entretiens ou la couverture d’activités sportives comme les points de presse.
Pour toute réponse, M. Mamadou Ibra Kane, administrateur général de AFRICOME SA, aurait menacé à l’issue de la réunion du jeudi 2 juillet 2020, de suspendre Sunu Lamb et de mettre neuf employés en chômage technique sans rémunération. Cette mesure devait selon lui, entrer en vigueur à partir du vendredi 3 juillet 2020. Face à cette attitude, les employés ont fini par consentir à une ponction allant de 18 à 25%. Deux semaines après les ponctions sur les salaires, Mamadou Ibra Kane demande à trois travailleurs concernés par la mesure qui étaient en position de télétravail de reprendre en présentiel, à temps plein. Ces derniers se montrent disposés à le faire à la condition que AFRICOME leur verse intégralement leur salaire avec tous les avantages y afférents. M. Mamadou Ibra Kane convoque une réunion en urgence le mercredi 19 août 2020, au sortir de laquelle il prend unilatéralement la décision de les mettre en chômage technique les 6 travailleurs (4 journalistes, un photographe et un correcteur) sans rémunération, pour une période de trois mois, renouvelable. Une décision qui a pris effet dès le lendemain, jeudi 20 août 2020. AFRICOME a aussi coupé le téléphone et repris le matériel de travail et les cartes de presse des 6 journalistes tout en leur réclamant leurs carnets IPM.
Le SYNPICS a pris la peine de recueillir la version de M. Mamadou Ibra Kane qui estime avoir agi légalement en évoquant des difficultés économiques dues à la pandémie du Covid-19. Il n’a pas manqué de lister les nombreuses difficultés que rencontre son entreprise depuis le début de l’épidémie et le refus de ses collaborateurs de comprendre la situation. Sur la mise en chômage, le patron de AFRICOME estime que la loi sénégalaise le lui permet en cas de crise économique. Il n’a pas manqué de déplorer le comportement de ses collaborateurs.
Cependant, le SYNPICS dénonce avec la plus grande fermeté le comportement totalitaire de M. Mamadou Ibra Kane qui agit en toute illégalité puisque la mise en chômage technique obéit à un régime dicté l’article L 65 du Code du travail qui parle même d’accord sur «la durée du chômage technique et le cas échéant la rémunération due au travailleur pendant cette période.» Ainsi Le Synpics demande à M. Mamadou Ibra Kane de revoir sa copie et de revenir sur cette décision illégale. Le SYNPICS apporte son soutien total et indéfectible aux 6 travailleurs illégalement écartés et se réserve le droit de mener toute action pour le respect de leurs droits.

Pour le Bureau Exécutif National
M. MAKHALY NDIACK NDOYE
Secrétaire général chargé des Revendications