La démocratie désigne tout système politique par lequel le peuple est souverain ! La souveraineté populaire pouvant varier selon la nature de la démocratie (directe si le peuple vote les lois, indirecte si le peuple élit des représentants qui votent les lois).
Dans le cas du Sénégal, l’assemblée nationale, composée de députés élus par le peuple détient le pouvoir législatif.

Avec un tel modèle, peut-on parler de démocratie sans une analyse en profondeur ?
Le constat est unanime : il y’a une rupture de confiance entre le peuple et ses représentants, qui aux fins d’être dans les grâces du prince et de garder des intérêts crypto personnels, assument un vote mécanique sur tous les projets de loi, ignorant totalement l’impact qui pèsera sur la population et le serment prêté pour servir le peuple.

Ce dernier a-t-il capitulé face à une canonnade de malversations, d’impunité actant une conception extensive de l’immunité du prince à ses proches, de corruption et de concussion ? La réalité semble étayer cette thèse !
Mais le peuple amnésique y a sa part de responsabilité car se laissant berner à l’approche de chaque élection. Il faudrait atteindre une masse critique atteignant la majorité absolue pour renverser la situation.

Rappelons que notre pays a enregistré un recul de 9 places au classement 2019 des pays les plus démocratiques selon l’EIU (Economist Intelligence Unit), occupant désormais le 82ème rang mondial (9 ème en Afrique). Ainsi on passe de la catégorie des « démocraties imparfaites » aux « démocraties hybrides »; nos voisins du Cap-Vert occupant la troisième place en Afrique.

Dans la continuité de ce qui est précité, le Général devant mener la guerre au COVID 19, a préféré nourrir ses proches, qui sont hors du champs de bataille au détriment des pauvres soldats qui ont pourtant besoin de réserves financières pour survivre. Oui le décret 2020-964 conférant l’honorariat à un ancien Président du Cese(Conseil économique, social et environnemental) est le scandale de trop dans un contexte où le moindre centime est précieux à collecter pour venir en aide aux ayants droit! Qu’a-t-on fait au bon Dieu ?
Pourtant au départ le peuple et les partis de l’opposition avaient adopté une union sacrée pour mettre à l’aise le Général, qui de surcroît jouit de prérogatives incommensurables issues de la loi d’habilitation ! Mais rien n’y fit ! Les vieilles habitudes sont revenues au galop ; le corrupto-virus prospère désormais dans les kebabs et les sacs de riz transportés dans des camions à déchets, sont à la portée des bactéries ! Le virus notre ennemi, les bactéries nos alliés !!
La fracture est béante et abyssale dans notre société.

La sempiternelle question de la séparation des pouvoirs se pose avec acuité, avec un pouvoir judiciaire qui n’a pas d’indépendance budgétaire comme l’assemblée nationale, la suppression du poste de Premier ministre concentrant d’avantage les pouvoirs aux mains d’une seule personne, qui par ailleurs dirige le conseil supérieur de la magistrature.
Rappelant au passage les dispositions de l’article 80 de la Constitution du 17 mars 1963 qui stipulent que « le pouvoir judiciaire, indépendant du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif est exercé par la Cour suprême et les cours et tribunaux. Les juges ne sont soumis, dans l’exercice de leurs fonctions qu’à l’autorité de la loi.

La théorie est parfaite comme d’habitude mais son application ne suit pas avec d’ailleurs le principe d’inamovibilité des magistrats de siège qui est passé outre à maintes reprises sous le couvert du procédé de l’interim.

A retenir : tout gouvernement doit avoir dans son bréviaire la crainte de la force intérieure d’un peuple. Dans le cas du Sénégal et en empruntant le langage de la jungle, le peuple est une croisée de moutons et de lions. Pour le moment le tempérament du mouton prévaut mais…….

Abib Diop, mouvement des cadres Pastef