La police en charge des enquêtes sur la cybercriminalité est engagée. Le gouvernement du Sénégal est déterminé à mettre la main sur le ou les faussaires qui depuis un certain temps s’organisent à créer de faux documents pour le compte de ministères ou de services de l’état à des fins inavouées.

Après le ministère de l’éducation nationale qui en a essuyé deux en une semaine, annonçant une reprise des cours, et celui de la Présidence de la République avec ce décret n°2020-964, l’on nous révèle que l’Apix et d’autres services ont fait les frais de ce ou ces faussaires.

Cette volonté de tirer cette affaire au clair est renforcée par la publication du décret 2020-964 instituant la nomination des anciens présidents du Conseil économique social et environnemental (Cese) à titre honoraire avec des privilèges qui frisent la mal gouvernance.

Ces informations qui prouvent le faux dans le decret

Dans ce décret qui a l’air d’un document authentique avec la signature du Président Macky Sall, met en relief les avantages du bénéficiaire.

L’on nous renseigne que sur les décrets, il n’est point mentionné le montant des honoraires ou du salaire du destinataire, encore moins le détail de la prise en charge dont il bénéficie. Dans le décret en question, il est renseigné que les présidents honoraires devront percevoir un salaire mensuel de 4 500 000frs, un véhicule de fonction avec une dotation de 500 litres de carburant et un agent de sécurité. Meme si les decrets sont publics parce publiés au journal officiel, ce détail sur les privilèges ou honoraires des bénéficiaires du poste ne sont pas rendus publics.

Aux trousses des faussaires

Tout avait commencé avec la photo publiée du conseil des ministres d’urgence pendant lequel le président annonçait le premier cas de Coronavirus au Sénégal. En lieu et place de la photo officielle, il était diffusé sur les réseaux sociaux et dans des centaines de groupes WhatsApp une photo avec le chef et tous les ministres portant des masques. L’image avait fait peur aux populations surtout que la maladie venait fouler la terre sénégalaise.

L’état est si préoccupé à tirer cette affaire au clair qu’il a déjà enregistré des résultats. De source proche de cette affaire, les services en charge de la cybercriminalité ont déjà déterminé le possible modus operandi des faussaires. Il ressort que le concepteur a usé d’un logiciel qui ferait presque les mêmes réalisations que Photoshop et qui permet de retoucher un document au point de le ressembler à l’authentique. Et, au lieu de le diffuser directement à partir du pays les services de la cybercriminalité ont estimé que les documents finis sont envoyés à l’étranger d’où se fait la première diffusion publique qui fera par la suite l’objet de partages sur les réseaux sociaux et dans les groupes de discussion.

Dementi et doute persistent

Alors que la publication de ce décret a fait le tour de la toile telle une trainée de poudre, le service de communication de la Presidence a pondu un communiqué pour apporter le démenti dont nous vous proposons le contenu in extenso.
« La Cellule de Communication de la Présidence de la République informe
qu’un faux décret numéroté 2020-964 circule actuellement dans les
réseaux sociaux.
Ce faux décret en date du 17 avril 2020, est relatif à la création d’un
honorariat pour les anciens Présidents du Conseil Economique, Social et
Environnemental.
Face à la recrudescence de ce type de documents, la Cellule de
Communication rappelle que tous les décrets pris par Monsieur le
Président de la République sont publiés au Journal Officiel de la
République du Sénégal et sur le site du Gouvernement » a soutenu la cellule de communication du Palais.

Mais l’authenticité de ce document de dementi a posé un autre débat car il n’est ni signé ni cacheté.

Mieux encore, dans ce document, la cellule de communication devrait aussi publier le bon décret portant le numéro 2020-964 car certains estiment que celui qui est présumé faux est bien authentique. Mais il a été retiré pour éviter le tollé populaire. Ce dernier propos a suscité un doute pour le simple fait qu’un tour dans le Journal officiel n’a pas permis de mettre la main sur le document avec ce numero.

La question reste entière en attendant que la police de la cybercriminalité mette la main sur le ou les faussaires.