C’est par un diagnostic global de,la situation que le ministre de l’Urbanisme, du Logement et de l’Hygiène publique, Abdou Karim Fofana a posé le débat en rappelant le transfert de la capitale de l’Afrique Occidentale Française de Saint-Louis à Dakar, en 1902, qui a permis l’élaboration du premier Plan Directeur d’Urbanisme pour Dakar, en 1946. Ce PDU, il faut le souligner, couvrait la Presqu’île du Cap Vert jusqu’à l’actuelle route de Camberène. Il s’en est suivi une modification, en 1957, après la création d’urgence du quartier Dagoudane-Pikine, quatre ans auparavant.
« Ce document a été remplacé par celui de 1967 dénommé Plan ECOCHARD qui, avec le développement spatial, couvrait la presqu’île du Cap-Vert jusqu’à la forêt de Mbao. Il a servi pour l’essentiel de base à l’évolution de l’occupation du sol de la commune de Dakar et de la zone ouest de Pikine-Guédiawaye » a renseigné le ministre.

Revenant sur la nouvelle donne qui a prévalu récemment, le ministre signale qu’en 2001, le Plan Directeur d’Urbanisme de Dakar reprenait dans ses grandes lignes le PDU de 1967 surtout pour ce qui concerne les zones de la Commune de Dakar, dont le bâti était déjà dense et la morphologie quasi définitive. dans son évaluation de ce PDU révisé, il note que plusieurs projets ont été prévus pour les différents départements de la région, dans plusieurs domaines. « Si certains de ces projets ont vu le jour, d’autres, pour diverses raisons, n’ont pas été réalisés » a-t-il regretté.

Avant de jeter les bases de ce nouveau PDU. « Le nouveau plan, fixé à l’horizon 2035, constitue la suite logique de ceux qui se sont succédé et ont défini, selon les époques, les grandes lignes du développement physique de l’agglomération dakaroise. Ce plan, en cours d’exécution, a été révisé. En effet, l’aménagement de la région de Dakar et ses environs immédiats, eu égard à la forte densité et à la complexité de l’occupation du sol, constitue présentement l’un des défis majeurs auxquels nous sommes confrontés » a noté le ministre.

Un PDU de consensus
Selon Abdou Karim Fofana, une approche participative et inclusive tenant compte des aspects liés aux villes durables, résilientes, compactes a été caractéristique de ce PDU horizon 2035 de Dakar et ses environs dans le processus de son élaboration grâce à l’appui technique et financier de la coopération japonaise. « Dans ce cadre, des études confiées à un consortium d’entreprises ont fait travailler trente experts internationaux avec les nôtres, durant dix-huit (18) mois. Partant d’une démarche inclusive, les études menées ont permis, à chaque étape, de recueillir les préoccupations des populations, à travers des ateliers de planification, et de partager les livrables avec les parties prenantes » a expliqué le ministre. Non sans manquer de saluer l’appui de la JICA pour l’accompagnement dans l’élaboration des PDU de dix villes secondaires, stratégiques et frontalières. « Cet appui est d’autant plus important qu’actuellement le taux de couverture en documents d’urbanisme des communes est de 7% » a-t-il apprécié.

Les pôles urbains la panacée

Evoquant la politique des pôles urbains initiée par le Gouvernement du Sénégal, depuis 2012, le ministre indique qu’elle est planifiée et organisée pour permettre de rééquilibrer la structure urbaine régionale et ses environs immédiats. « C’est pourquoi le plan, en couvrant la région administrative de Dakar et les alentours de l’Aéroport International Blaise Diagne, a pris en compte les développements futurs et la réalisation de plusieurs infrastructures en cours tels que le prolongement de l’autoroute à péage et de la Voie de Dégagement Nord, l’Aéroport International Blaise Diagne, zone économique spéciale intégrée, le pôle universitaire et le centre international de la francophonie etc.

Il renseigne par ailleurs que la mise en œuvre effective des projets déclinés dans la phase prioritaire a démarré avec l’amélioration des carrefours Cité Keur Gorgui, SEN’EAU, et Aimé Césaire sur la Voie de Dégagement Nord où les entreprises sont en train d’exécuter les travaux ; le Bus Rapide Transit dont l’évaluation des impenses est bouclée et les processus de sélection des entreprise en cours ; l’aménagement d’espaces verts dans plusieurs points de la capitale tels que Patte d’oie, Place de la Nation, jardin de Mermoz, une partie de la corniche ouest de Dakar, à Guédiawaye, etc. Mieux, précise-t-il, ces différents projets vont se poursuivre avec l’accompagnement de nos partenaires.