Le rapport de la Banque africaine de développement, « Perspectives économiques en Afrique 2020 », dont le thème est « Former la main-d’œuvre africaine de demain », appelle à une action urgente pour assurer le développement du capital humain dans les pays d’Afrique où, en termes de quantité et de qualité, celui-ci est beaucoup plus faible que dans les autres régions du monde. C’est le constat fait par le président de la BAD, Adesina Akinwumi.

Le président de la BAD a aussi signalé que pour la première fois en dix ans, les dépenses d’investissement, plutôt que celles consacrées à la consommation, représentent plus de la moitié du taux de croissance du PIB. Il signale par ailleurs que le rapport en appelle à des investissements urgents dans le domaine de l’éducation et dans les infrastructures afin de pouvoir obtenir à long terme un taux de croissance du PIB acceptable. Mieux encore, Adesina Ainwumi pointe du doigt le taux de chômage élevé sur me continent. «Le chômage des jeunes doit être une priorité absolue. Avec 12 millions de diplômés qui arrivent sur le marché du travail chaque année et seulement 3 millions d’entre eux qui en obtiennent un, la montagne du chômage des jeunes grossit chaque année » a-t-il révélé.

L’Afrique de l’Est a maintenu son avance en tant que région ayant la croissance la plus rapide du continent, avec une croissance moyenne estimée à 5,0 % en 2019 ; l’Afrique du Nord a été la deuxième plus rapide, avec 4,1 %, tandis que la croissance de l’Afrique de l’Ouest a atteint 3,7 % en 2019, contre 3,4 % l’année précédente.

Notant la réduction de la pauvreté et des inégalités de 2010 à 2017, le rapport indique que seuls 13 pays ont enregistrer un résultat positif. La BAD note que la croissance économique n’ a été inclusive que dans 13 pays sur les 48 qui disposent d’éléments de données sur la période sous revue. Bref, seuls 13 sont parvenus à réaliser une croissance économique qui a pu réduire à la fois la pauvreté et les inégalités sociales. Cette liste comprend des pays frontaliers du Sénégal tels que la Gambie, la Mauritanie et le Mali. Il y a aussi le Togo, le Rwanda, l’Ouganda, la Côte d’Ivoire, Djibouti, le Maroc, la Tunisie et la Tanzanie.

Ces nouveaux éléments confortent les sénégalais spécialistes en économie, et acteurs politiques qui ont toujours dénoncé la croissance tant chantée par les gens du régime de Macky Sall.