Il y a quelques mois, la commune de Ronkh ( au nord du Sénégal) initiait une réunion pour réfléchir sur les solutions à mettre en oeuvre avec la plante polluante du Typha Australis qui se développe en abondance dans leur localité.

A la 25è COP à Madrid, la république du Sénégal a signé une convention avec la GIZ dans le cadre du fonds vert climat. Pour un montant de 16 milliards, ce fonds devrait servir à accompagner les populations au nord du Sénégal à réaliser des foyers améliorés avec les plantes de Typha Australis.

Il y a quelques années, un chercheur du nom de Mody Matar Touré, prévenait sur caractère toxique des Typhas Australis sur l’eau du Lac de Guiers qui sert à alimenter en eau la capitale Dakar et plusieurs dizaines de localités sut le trajet.

Innovation: du Typha Australis pour faire des sachets au Sénégal

Toutes ces inquiétudes risquent de devenir de mauvais souvenirs avec cette innovation de taille d’étudiantes sénégalaises de l’Université Gaston Berger de Saint Louis. Depuis longtemps, malgré le fait de dénoncer fortement le caractère polluant du plastique, la matière a toujours été utilisée pour réaliser des pépinières dont les plantes vont souvent servir au reboisement.

Elles sont trois étudiantes à avoir réaliser cette prouesse. Selon l’une d’elle, Fatou Ba en l’occurrence, qui revient sur le caractère envahissant du Typha Australis, cette plante cause énormément de problème sur le long de la vallée du fleuve Sénégal. « C’est de là qu’est née l’idée de l’utiliser pour réaliser des conteneurs de plantules. cela permettra de réussir deux choses à savoir se débarrasser du plastique en même temps que du Typha » a souligné l’étudiante.

Revenant sur la transformation du Typha Australis en sachets pour les pépinières, ces étudiantes comptent user de la matière cellulosique contenue par la plante. « Jadis, pour avoir un sachet bio dégradable, les cultivateurs devaient utiliser du bois. Ce qui pourrait nuire à l’environnement. Nous utilisons le Typha pour réaliser ce conteneur qui sera comme du papier » a révélé la jeune étudiante qui garde jalousement le procédé de six étapes pour aboutir au produit fini. Tout de même elle signale que cela ne nécessitera pas l’utilisation d’additif chimique. Mais, il y’ aura du plastifiant pour que le conteneur puisse prendre forme.

Pour sa camarade, Marie Augustine Sagna, cette expérience est née de la passion qu’elles nourrissent pour la science. « C’est un monde fascinant. Et lorsque nous avons constaté qu’il n’ y pas beaucoup de femmes dans le domaine, nous nous sommes dites pourquoi pas nous. Nous nus sommes lancées pour donner l’exemple à d’autres femmes et aux filles pour qu’elles se lancent dans le domaine des sciences » a-t-elle signaler. Pour cette prouesse, elle sera bénéfique à la lancinante question des changements climatiques car elle va contribuer à la protection de l’environnement.

Supervisées par leur professeur, joseph Bassama, ce dernier soutient qu’il compte les accompagner pour que l’idée d’une telle expérience ne soit pas altérée. « Il faut que cette motivation ne s’effrite pas dans les prochains mois, et pour cela je vais les accompagner rigoureusement » a promis le professeur. Non sans signaler qu’il attend ce va donner la partie technique finalisée.

Pour relever ce défi, ces trois jeunes étudiantes ont déja obtenu auprès d’un grand groupe agro alimentaire le financement de près de 10 000 euros, soit prés de 6,5 millions FCFA pour mener à bien cette expérience.

Pour rappel, il s’agit du projet MAFANI, porté par, Marie Augustine Aboury SAGNA, Fatou Binetou BA et Mame Niny SENGHOR, trois étudiantes de l’UFR des Sciences Agronomiques, de l’Aquaculture et des Technologies Alimentaires, a remporté le 1er prix pour la catégorie universitaire du programme Africa Innovation Challenge de Nestlé, qu’elles disputaient avec leurs camarades des universités de Côte d’Ivoire, du Ghana, du Nigéria et d’Afrique du Sud. Le concours s’est tenu du 29 aout au 04 septembre au siège de Nestlé en Côte d’Ivoire

Loi sur le plastique votée par les députés sénégalais

Cette réussite des étudiantes de l’Université Gaston Berger de Saint Louis vient égaler se greffer à la liste des actions qui devront être mises en oeuvre par le gouvernement dans le cadre de l’application de sa loi contre les sachets plastiques désormais exclusivement interdits au Sénégal. Donc, en plus de Nestlé qui subventionne ce projet, le gouvernement du Sénégal devra à son tour accompagner ces étudiantes afin de contribuer à la réussite mais surtout à la pérennisation de ce projet qui vient apporter une grande solution aux problèmes de l’environnement en ce qui concerne la plante envahissante et toxique qu’est le Typha Australis.