C’est d’abord la Henriette Faye, la représentante de l’ONG IBON International dont la structure faisait partie des défenseurs des intérêts de Bargny et compte parmi les plus farouches activistes contre l’implantation de la centrale à charbon, qui exprime une totale satisfaction.

« C’est une satisfaction totale. Voilà une décision sage surtout que la centrale était en panne et il fallait y mettre encore beaucoup d’argent » a révélé Henriette Faye dans sa réaction à partir de la COP 25 à Madrid à laquelle elle participe au nom de sa structure. Poursuivant, Mme Faye signale fermement que « la centrale était tout simplement un mauvais projet, au mauvais endroit et au mauvais moment: un projet impossible, contraire aux engagements de l’Etat du Sénégal dans le cadre de l’Accord de Paris car il n’y a pas de charbon propre »a-t-elle défendu.

Du côté des activistes regroupés autour de la structure 350.org, le Sénégal marque un pas décisif dans sa volonté de se conformer à son engagement à l’Accord de Paris. « Venant au milieu de la COP25, cette annonce a été saluée par les communautés locales et les militants du Sénégal, qui depuis plus de cinq ans se sont fermement opposés et ont activement fait campagne contre cette centrale au charbon tout en poussant le gouvernement à investir dans les énergies renouvelables » a informé un communiqué de 350.org.

Le document livre la réaction de son chef d’équipe régional Afrique, Landry Ninteretse qui signale qu’au cours des trois dernières années, 350.org ainsi que des partenaires locaux et régionaux ont tiré la sonnette d’alarme, révélant les impacts humains et écologiques catastrophiques auxquels seraient exposés les populations de Bargny, Sendou et Rufisque si le projet s’était concrétise. « Nous avons dénoncé le rôle de banques telles que la Banque africaine de développement, la Compagnie bancaire de l’Afrique de l’Ouest (CBAO) et la Banque néerlandaise de développement (FMO), qui avaient financé le projet. Cette décision confirme que les voix des communautés concernées et la science appelant à l’arrêt des combustibles fossiles doivent être entendues par les gouvernements. Le Sénégal a maintenant la chance de s’engager sur une voie différente et propre vers un développement qui centre la durabilité et la justice » a souteneu Landry Ninteretse.

Comme Henriette Faye, 350.org souligne aussi que l’annulation du projet charbonnier intervient après une série d’échecs techniques, de difficultés financières et de conflits entre actionnaires qui avaient paralysé le projet au cours des quatre derniers mois, stoppé l’importation de charbon et provoqué le licenciement des travailleurs du projet. Ils ont aussi salué le rôle joué par le Khalife Général des Tifianes, Serigne Babacar Sy Mansiur qui aurait usé de sa notoriété et sa respectabilité pour faire entendre sa voix à côté de celles des communautés et des militants qui se sont mobilisés contre le projet de charbon controversé.

Projet de remplacement par une centrale à gaz, les activistes disent également niet et engagent la bataille

Toujours selon le communiqué de la structure 350.org, le Directeur exécutif d’Action Solidaire, Mamadou Barry, a exprimé ses craintes et sa méfiance quant à la décision prise par le gouvernement du Sénégal. M. Barry révèle que le Sénégal n’abandonne pas mais recule pour mieux sauter car, il compte transiter le projet du charbon vers une centrale à gaz. « Nous nous méfions du «plan de transition» suggéré par le président sénégalais qui envisage de transformer la centrale au charbon en une installation de gaz » a signalé Mamadou Barry. Avanat de se radicaliser: . » Nous résisterons également à cette installation gazière car elle est susceptible d’avoir des effets néfastes similaires sur le bien-être des habitants de Bargny, Sendou et Rufisque» a-t-il poursuivi pour également prévenir que le combat continue.

le communique insiste sur la multiplication des annulatuons de projets de ce genre sur le continent. Bargny est le deuxième grand projet de charbon à être annulé sur le continent cette année, après que le Tribunal national de l’environnement (NET) du Kenya a annulé la licence précédemment accordée à Amu Power pour la construction de la centrale au charbon de Lamu. Pour eux cela est une preuve que les voix discordantes sont bien entendues